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Avec « Ma France, parlons-en ! », les jeunes de la Mission locale de Marseille abordent les discriminations autrement

Depuis février 2018, la Mission locale de Marseille accueille l’expo-quiz® « Ma France, parlons-en ! » dans le cadre d’un partenariat avec la Protection judiciaire de la Jeunesse (PJJ) des Bouches-du-Rhône. Birame Sambe, chargé de mission « Citoyenneté »*, témoigne sur l’usage de cette expo-quiz®.

Avec « Ma France, parlons-en ! », les jeunes de la Mission locale de Marseille abordent les discriminations autrement.

Comment utilisez-vous « Ma France, parlons-en ! » ?

Dans le cadre du dispositif « Garantie Jeunes », la Mission locale de Marseille (13) reçoit des jeunes en situation de grande vulnérabilité sur le marché du travail. Nous leur proposons une immersion de quatre semaines par groupe de dix à quinze avec comme objectif de les former et de les accompagner vers l’autonomie et l’emploi. Ils ont généralement entre dix-huit et vingt-et-un an.

J’anime un atelier nommé « lutte contre les discriminations » qui intervient lors de la troisième ou quatrième semaine d’immersion. À ce moment-là, les jeunes se connaissent bien, ce qui facilite la discussion. C’est là que j’utilise « Ma France, parlons-en ! ».

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette formation ?

Elle se déroule sur deux demi-journées, à une semaine d’intervalle. Lors de la première séance, on aborde le sujet des discriminations au travers de définitions. Qu’est-ce qu’une insulte ? Qu’est-ce que le harcèlement ? Qu’est-ce qu’un préjugé ? Quelle différence y a-t-il entre racisme et discrimination ? La deuxième demi-journée vise à développer le pouvoir d’agir des jeunes, à leur faire prendre conscience qu’ils peuvent agir et argumenter contre les discriminations. J’utilise alors l’expo-quiz® pour qu’ils débattent et de réfléchissent à des solutions aux discriminations.

Pendant l’animation, je divise les jeunes en petits groupes de trois pour qu’ils aillent regarder les kakémonos et répondre aux questions. Parfois, j’attribue des points pour les bonnes réponses, mais l’objectif reste avant tout de faire de la pédagogie. J’aimerais les amener à être plus en paix avec la société, l’entreprise, et avec eux-mêmes, plus ouverts sur le monde. Je voudrais qu’ils comprennent que la solution aux discriminations passe par la loi, par les médias, par la politique, par la mission locale, etc. mais qu’elle est aussi en chacun de nous.

Quel intérêt voyez-vous à l’utilisation de cette expo-quiz® ?

Il y en a plusieurs ! D’abord, l’expo-quiz® ne parle pas des discriminations de façon frontale : elle le fait à travers d’autres thématiques telles que la citoyenneté, l’égalité, etc. Les jeunes aiment apprendre que la France est un pays de forte migration. Ils sont étonnés que dans certains pays qui se qualifient de démocratiques, la liberté d’expression ne soit pas garantie. La partie sur les réseaux sociaux les intéresse aussi beaucoup, ils se sentent concernés. Cette expo-quiz®, c’est un pas de côté qui permet d’aborder les discriminations et de les regarder autrement.

L’expo-quiz® est un outil d’animation non seulement instructif, mais ludique et beau. Habituellement, les jeunes sont assis autour d’une table, c’est assez scolaire. Là, ils sont en groupe, ils bougent, ils discutent. Ça me permet d’aller chercher ceux qui ne parlent pas. Les jeunes trouvent que ça change et l’outil leur plaît.

J’utilise l’expo-quiz® comme un « entonnoir inversé » : on part de leurs expériences pour élargir progressivement le débat sur les questions de citoyenneté. J’invite les jeunes à ne pas rester enfermés sur eux-mêmes, à prendre de la hauteur pour comprendre les choses. Cette expo-quiz, c’est vraiment un point de départ pour créer du débat.

Quels sont vos projets vis-à-vis de « Ma France, parlons-en ! » ?

J’ai déjà formé dix groupes de jeunes depuis février. Je vais bientôt utiliser l’expo-quiz® dans mes formations à destinations d’adultes et de salariés : ce sera une nouvelle expérience.

*Birame Sambe est aussi formateur de formateurs « Valeur de la République et citoyenneté » agréé auprès du Commissariat Général à l’Égalité des Territoires (CGET).