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« Égalité filles-garçons, parlons-en ! » au cœur d’une semaine du vivre-ensemble au lycée Louise Michel de Grenoble

Magali Faucher est infirmière au lycée Louise Michel de Grenoble (38). Elle nous parle de la semaine du vivre-ensemble qui a eu lieu en 2017 dans son établissement et de comment « Égalité filles-garçons, parlons-en ! » s’y est intégrée.

Magali Faucher est infirmière au lycée Louise Michel de Grenoble (38). Elle nous parle de la semaine du vivre-ensemble qui a eu lieu en 2017 dans son établissement et de comment « Égalité filles-garçons, parlons-en ! » s’y est intégrée.

Comment est née l’idée d’une semaine du vivre-ensemble ?

Il s’agissait d’un projet porté à la fois par l’infirmerie et par des enseignants de la filière ST2S (Sciences et technologies de la santé et du social). La thématique centrale était l’égalité filles-garçons. Nous avions déjà mené un projet de moindre ampleur sur ce thème et nous connaissions des personnes en charge de ces questions à Grenoble, notamment la Maison pour l’égalité femme-homme d’Échirolles*.
Les enseignants de ST2S ont souhaité élargir au handicap, ce qui nous a amenés à inviter l’APF France handicap et l’association Valentin Haüy, qui s’occupe des personnes aveugles et malvoyantes. Puis la thématique a été encore élargie pour traiter d’autres différences qui peuvent créer l’incompréhension dans le lycée.
La semaine a donc regroupé des ateliers interactifs ouverts aux classes volontaires autour de plusieurs organismes dans le champ du handicap, de la maladie chronique et des différences. Il y avait aussi une projection de film, un concours de slogan illustré sur le thème « Tolérance et solidarité » et un pique-nique.

Pourquoi avez-vous souhaité faire de l’égalité filles-garçons le cœur de cette semaine ?

Nous avons constaté un recul inquiétant des représentations des filles dans notre établissement. Elles se projettent fortement dans des fonctions stéréotypées, comme si se marier était leur seul avenir. Elles ont du mal à s’accorder certaines libertés et se réfèrent au contrôle masculin pour leurs sorties. Nous avons aussi eu des problèmes avec des garçons qui reprochaient leur tenue aux filles. Ces dernières s’apprêtent énormément. Il faut dire qu’elles ont beaucoup de modèles sur les réseaux sociaux, ce qui créé une sorte d’uniformisation et beaucoup d’attentes en matière d’apparence physique.
Nous faisons en sorte d’aborder tous ces sujets, notamment pendant les cours d’éducation à la sexualité, mais nous peinons un peu. C’est très difficile d’être à contre-courant d’une société qui genre tout, depuis les publicités jusqu’aux métiers. Comme cela commence dès l’enfance, les élèves peuvent avoir du mal à prendre du recul.

De quelle façon « Égalité filles-garçons, parlons-en ! » était-elle proposée aux élèves ?

Elle a été présentée au CDI pendant deux semaines, du 3 au 13 avril 2017, en même temps que deux autres expositions sur l’égalité femmes-hommes : l’une sur les politiques publiques et l’autre sur les femmes pionnières dans leur domaine. Les documentalistes avaient demandé ces expositions pour couvrir tout le champ des inégalités.
Elles ont accompagné les classes, sur inscription d’un de leur enseignant, et ont préparé un questionnaire qui permettaient de couvrir les trois expositions et de guider le cheminement des élèves. Les documents d’accompagnement fournis avec l’expo-quiz® étaient aussi disponibles. Toutes les expositions restaient en libre accès aux élèves souhaitant les voir.
À la sortie du CDI étaient installés deux « arbres à paroles ». Ils permettaient aux élèves qui le souhaitaient de s’exprimer par écrit, individuellement et anonymement, sur le thème de l’égalité.

Combien d’élèves ont-ils pu voir l’expo-quiz® ?

Au total, neuf classes se sont inscrites, soit 256 élèves. C’est sans compter tous ceux qui sont venus en libre accès. Nous avons plus de 1650 élèves et un public varié : filières générales, professionnelles, technologiques, BTS et CAP.
Les professeurs qui ont inscrit leur classe étaient souvent des professeurs principaux inquiets du sexisme de leur classe. Plusieurs filières avaient un intérêt à s’inscrire car la thématique était en lien avec leur programme : les ST2S, mais aussi la filière professionnelle SPVL (Services de proximité et vie locale) ou encore le CAP petite enfance.

Comment ont réagi les élèves ?

Les retours ont été très positifs, tant sur la forme que sur le fond. Les visuels de l’expo-quiz® étaient attrayants pour les élèves, qui se sont montrés réceptifs et intéressés. Cela leur a permis de débattre sur la question de l’égalité, avec parfois des positionnements très stéréotypés, voire sexistes, mais qui alimentaient la réflexion.
Les deux « arbres de paroles » ont été très utilisés. Certains élèves ont choisi de faire la promotion de l’égalité, d’autres ont noté des propos qu’ils entendaient tous les jours. Nous avons photographié les arbres et avons intégré les photos dans le Powerpoint diffusé sur les télévisions du lycée. Les arbres sont toujours à l’infirmerie. C’était une belle réussite.
Le projet va être reconduit en 2019 avec les mêmes organismes. Nous aimerions beaucoup recevoir en plus une association de défense des personnes sourdes et une association antiraciste.

*Voir l’article concernant la Maison pour l’égalité femme-homme d’Échirolles (38).

Magali Faucher est infirmière au lycée Louise Michel de Grenoble (38). Elle nous parle de la semaine du vivre-ensemble qui a eu lieu en 2017 dans son établissement et de comment « Égalité filles-garçons, parlons-en ! » s’y est intégrée.