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Le collectif lillois KIFKIF acteur de la communication entre jeunes et adultes avec « Égalité, parlons-en ! »

Marie-Chantal Zingiro est Chargée de projet en Médiation Sociale pour le collectif lillois KIFKIF (59). Elle utilise les expo-quiz® depuis 2012. Partons avec elle à la découverte de quelques usages d’« Égalité, parlons-en ! ».

Comment en êtes-vous venue à utiliser l’expo-quiz® « Égalité, parlons-en ! » ?

Je travaille pour le Collectif KIFKIF dont les missions sont centrées sur la prévention et la lutte contre les discriminations. Nous proposons de l’accueil et de l’accompagnement, réalisons des testing… Aujourd’hui, en plus de ces missions, j’ai un rôle de médiatrice auprès des habitants.

Ma rencontre avec l’outil « Égalité, parlons-en ! » s’est faite en mai 2012. C’est mon directeur qui m’a proposé d’utiliser l’expo-quiz® qui avait été confiée au Collectif KIFKIF par l’ACSE, devenue depuis la DRJSCS des Hauts-de-France (Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale), et par le Moutard.

Pouvez-vous nous donner des exemples d’utilisation de cette expo-quiz® ?

Après m’être appropriée l’expo-quiz® seule, je l’ai intégrée à mes actions de prévention et de sensibilisation. Je suis d’abord intervenue dans l’éducation populaire, auprès des jeunes d’un centre de formation voisin et de centres sociaux. Le format de mes interventions était assez libre : je choisissais d’utiliser ou non tous les kakémonos en fonction du public et du temps dont je disposais.

Plus tard, j’ai commencé à intervenir dans les établissements scolaires. En 2014, je suis intervenue au collège Descartes de Mons-en-Barœul pour animer un atelier de sensibilisation lors d’une situation tendue entre les élèves.

J’ai été contactée par Unis-Cité pour sensibiliser les jeunes en services civiques sur la thématique de l’égalité. Le format d’intervention était plus classique : j’utilisais l’expo-quiz® comme porte d’entrée, avec en appui des vidéos de la série Et Si – Scénarios contre les discriminations. Je co-intervenais avec un sociologue qui apportait des informations complémentaires aux miennes, notamment sur les discriminations systémiques.

Enfin, nous avons mis l’outil à disposition de la MEL (Métropole Européenne de Lille, 59) pendant le mois de l’égalité, afin qu’elle construise un plan de lutte contre les discriminations et sensibilise ses agents.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’action réalisée à Mons-en-Barœul en 2014 ?

En mars 2014, un référent de la DRJSCS m’a contactée pour me faire part d’un problème survenu au sein d’un collège de la MEL : du jour au lendemain, un groupe de jeunes filles de 4e s’était mis à revendiquer le port du foulard, à tenir des discours clichés sur le maquillage vis-à-vis de leurs camarades non musulmanes et à refuser la pratique sportive. La direction du collège constatait une scission flagrante entre musulmans et « blancs », avec la formation de clans. Malgré les signalements des enseignants et la désapprobation des parents des jeunes filles vis-à-vis de leur comportement, le corps enseignant était démuni. La direction avouait ne pas avoir la légitimité d’aborder le problème de fond. Le référent de la DRJSCS a proposé que j’intervienne auprès des élèves comme solution d’urgence, afin d’animer un atelier de sensibilisation sur le thème de l’égalité et des discriminations.

J’ai rencontré la direction du collège Descartes. Pour répondre à la problématique ponctuelle du groupe de jeunes filles, j’ai proposé de mettre à disposition des enseignants deux outils : l’expo-quiz® « Égalité, parlons-en ! » et les dix courts métrages de la série « Et Si – Scénarios contre les discriminations ». J’ai aussi proposé de les aider à préparer l’animation autour des outils, et c’est ce que nous avons fait.

L’action de sensibilisation à proprement parler s’est déroulée en juin 2014. Je pense qu’elle a permis d’améliorer la communication entre les élèves, les enseignants et les parents au sein du collège.